FoundryVTT pour table réelle

De quoi ?

Après avoir passé 3 mois en confinement, avec 2 parties par semaine en ligne via FoundryVTT, j’ai commencé à voir que l’outil pouvait apporter également une sérieuse assistance au MJ pour les parties physiques (In Real Life, comme ils disent maintenant).

Ca sert à quoi par rapport à une table « classique » avec matériel « papier » ?

Ca fait désormais 30 ans que je maîtrise à différents jeux, et je reste un grand adepte du jeu autour d’une table. Mais il faut reconnaître que l’utilisation de l’outil informatique – comme Foundry – autour d’une table apporte un gros confort au MJ :

  • Gestion des PNJs et des lancers de dés de manière assistés
  • Compendium en ligne dans le système Warhammer et Rêve de Dragon (consultation ultra-rapide)
  • Gestion des musiques facilitée
  • Gestion des cartes, plans et autres images d’ambiance pour les joueurs
  • Adaptation plus rapide aux choix des joueurs, notamment en piochant dans des galeries de PNJs ou de plans, alors que ce n’était pas prévu.
  • Plus de papier à imprimer (ou très peu !) 🙂

Côté joueur, les avantages sont :

  • Visualisation permanente des cartes, lieux, etc, avec possibilité de basculer entre les « scènes »,
  • Petit bonus d’exploration des lieux avec le brouillard de guerre

OK, mais techniquement, comment ça marche (Solution 1) ?

L’objectif est de n’avoir qu’un seul PC. Cette première solution nécessite une machine virtuelle, et fonctionne sous Linux, Windows et probablement Mac. Le détail :

  • 1 PC portable, faisant tourner FoundryVTT en local, et qui sert également à l’interface du MJ.
  • 1 machine virtuelle sur ce même PC, faisant tourner Chrome, connecté au Foundry local. J’utilise VMWare, avec une machine virtuelle Lubuntu 20.04 (car c’est léger), mais vous pouvez naturellement utiliser l’hyperviseur (VirtualBox par exemple) et l’OS invité de votre choix. Vous pouvez même mettre un guest Windows. La machine virtuelle est là uniquement pour permettre aux joueurs d’avoir une souris (ou même clavier) à eux, totalement indépendante de la session du MJ.
  • 1 écran, connecté au PC portable, et affichant en grand écran la machine virtuelle
  • 1 souris sans fil, exclusivement connectée à la machine virtuelle, et destinée aux joueurs
  • 1 cadre en bois, permettant de faire tenir l’écran orienté vers les PJs et d’apporter une touche « médiévale ».
  • Dans Foundry, l’ajout d’un joueur « Table réelle », qui a tout les droits sur tout les personnages (observer suffit).
  • Les fiches de personnages sont gérées depuis Foundry et imprimées avant chaque partie, et mises à jour après chaque partie également. Pour l’impression, il n’y a malheureusement pas encore de méthode automatique. J’effectue donc des copies d’écran, puis je les agence dans 1 ou 2 feuille A4 ou A3, que j’imprime ensuite avant la partie.
  • Une fois la partie sur table terminée, je synchronise mon monde du PC local avec mon serveur en ligne (optionnel si vous n’avez pas de serveur ou si vous jouez toujours avec votre PC local).

Il faut bien penser à attacher la souris (USB) à la machine virtuelle uniquement, de manière à ce que la souris soit captive dans l’OS de la machine virtuelle et que cela ne vienne pas perturber la session du MJ, bien sûr !

Photo rapide de la vue côté joueurs

La souris des joueurs (à gauche), une feuille de perso imprimée depuis Foundry (en bas à droite), l’écran des joueurs et son cadre (le PC portable du MJ est juste derrière) et différents potions de soins et rations de voyages.

Solution2 , sans machine virtuelle, mais Linux seulement

Pour ceux qui tournent sous Linux, une autre solution existe, sans machine virtuelle. Le principe est de créer 2 pointeurs de souris indépendants (et même clavier si vous voulez) et de lancer la seconde session de Foundry dans une seconde instance de Chrome en mode « navigation privé ».

Le matériel reste identique à la solution 1 ci-dessus, à savoir :

  • 1 PC portable, destiné au MJ, qui execute FoundryVTT en local
  • 1 châssis en bois, destiné à recevoir l’écran des joueurs
  • 1 écran, inséré dans le chassis en bois et connecté au PC Portable
  • 1 souris supplémentaire pour les joueurs, pour leur permettre de naviguer dans l’interface (je ne mets pas de clavier, mais ça serait possible)

Les étapes :

  • Passez en user root
  • Créer un nouveau pointeur/input avec : xinput create-master aux
  • Afficher la liste des inputs possibles avec xinput list. Un nouveau pointeur ‘aux’ de type ‘Mouse’ devrait apparaître, notez son id.
  • Dans cette liste, identifiez la souris (et/ou) le clavier que vous souhaitez attacher au pointeur ‘aux’ et notez son id également.
  • Puis exécutez la commande xinput reattach <id-souris> <id-aux-souris>. Si vous souhaitez attacher également un second clavier, faites xinput reattach <id-clavier> <id-aux-clavier>
  • Si vous déplacez la souris ainsi ré-attachée, vous devez déplacer le second curseur.
  • Exécutez Chrome, et lancez votre session MJ
  • Exécutez une nouvelle instance de Chrome en mode « privé », et lancez la session « joueurs »
  • Placez les fenêtres Chromes sur les écrans correspondants
  • Donnez la seconde souris/clavier à vos joueurs
  • Hop !

Source : https://wiki.archlinux.org/index.php/Multi-pointer_X

Y’a des retours là-dessus ?

Comme mes joueurs et joueuses sont plutôt de la vieille école – comme moi – ils ont d’abord accueilli ça avec scepticisme, voir moqueries, voir les deux (mais c’est comme ça que je les aime 🙂 ). Et puis après la première partie, ils ont été entièrement conquis, et ont reconnu que ça n’occultait en aucune manière le jeu de rôle (au sens propre) ni l’imagination.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.